Covid-19 sévère chez l’enfant: quelles conséquences neuropsychologiques ?
Bien que les enfants aient généralement présenté des formes plus légères d’infection par le covid-19, certains ont néanmoins développé des tableaux cliniques sévères nécessitant une hospitalisation en soins intensifs. Après la phase aiguë, durant laquelle la survie constituait la priorité, l’attention se porte désormais sur les conséquences à plus long terme. Celles-ci ne se limitent pas aux séquelles physiques, mais concernent également la sphère neuropsychologique.
Conséquences à court terme
Peu après le début de la pandémie de covid-19, une augmentation marquée du nombre d’enfants présentant un syndrome inflammatoire systémique a été observée. Ces manifestations survenaient généralement deux à six semaines après une infection (souvent subclinique) par le SARS-CoV-2, et pouvaient toucher plusieurs organes.
Cette entité est désormais définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme le syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (MIS-C). La grande majorité de ces patients a nécessité une hospitalisation en unité de soins intensifs (USI) pédiatriques au cours de la première année de la pandémie. Les études de suivi à court terme (≤ un an) rapportent qu’après un épisode de MIS-C, outre les atteintes somatiques, des troubles neurocognitifs (tels que fatigue persistante, céphalées, troubles de la coordination et troubles de la mémoire), ainsi que des difficultés psychosociales peuvent également être observés.
Conséquences à long terme
Dans une étude longitudinale, les conséquences fonctionnelles, neurocognitives et psychosociales, ainsi que la qualité de vie, ont été évaluées 24 mois après une admission en USI chez des patients atteints de MIS-C. Des tests neuropsychologiques répétés ont montré des scores inférieurs aux valeurs de référence en mémoire visuelle et en concentration.
Dans l’ensemble, les résultats se sont toutefois révélés rassurants pour la majorité des enfants de cette cohorte, notamment au regard de la forte incidence de symptômes neurologiques lors de l’admission en soins intensifs (58%). Ces observations contrastent avec d’autres travaux rapportant que 28% des survivants du MIS-C développent de nouvelles morbidités neurocognitives et/ou fonctionnelles après leur hospitalisation. Une explication possible est que, dans l’étude actuelle, la phase critique aiguë a été relativement courte (médiane: trois jours) et qu’un traitement anti-inflammatoire a été instauré rapidement.
Symptômes persistants rapportés par les patients
Près de la moitié des enfants (45%) ont rapporté des symptômes persistants, notamment une fatigue chronique avec diminution de la tolérance à l’effort et des céphalées fréquentes. Par ailleurs, 14% n’avaient pas encore complètement repris la scolarité, et une augmentation du recours aux soins a été observée.
Les parents ont également rapporté une fréquence élevée de troubles émotionnels et comportementaux persistants chez leurs enfants après la sortie de l’USI. Ces observations sont comparables à celles d’études épidémiologiques montrant une augmentation, souvent persistante, des troubles mentaux chez les enfants et les adolescents pendant la pandémie de covid-19. Des phénomènes similaires ont également été décrits dans d’autres populations après un séjour en USI, avec notamment une prévalence accrue d’anxiété, de dépression et de trouble de stress post-traumatique.
Références
1. Ketharanathan N, Buysse CMP, Seijbel TC, et al. Longitudinal functional and neuropsychological 2-year follow-up after intensive care admission for multisystem inflammatory syndrome in children. Eur J Pediatr. 2025;184(10):617. doi:10.1007/s00431-025-06396-y
2. Francoeur C, Alcamo AM, Robertson CL, et al. Severe pediatric neurological manifestations with SARS-CoV-2 or MIS-C hospitalization and new morbidity. JAMA Netw Open. 2024;7(6):e2414122. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.14122