Nausées et vomissements en été
Même en été, la plupart des cas de nausées et de vomissements aigus sont bénins et spontanément résolutifs, mais une approche structurée aide à identifier les rares cas associés à une affection sous-jacente grave.

Bien que les infections gastro-intestinales soient la cause la plus fréquente de nausées et de vomissements en été, il est utile de suivre une approche structurée en cinq étapes pour distinguer les cas plus graves, comme le coup de chaleur, des cas plus banals.
Approche en cinq étapes
L'approche en cinq étapes comprend : 1) déterminer ce que le patient entend par nausées et vomissements, 2) déterminer si les symptômes sont aigus ou chroniques, 3) envisager les effets secondaires de médicaments ou de toxines, 4) évaluer le patient et formuler un diagnostic différentiel et 5) mettre en place un traitement ciblé.
Que veut dire le patient ?
Il est essentiel de faire la distinction entre vomissements et haut-le-cœur (mouvement actif sans vomissement), régurgitation (reflux passif du contenu gastrique, typique du reflux gastro-œsophagien) et rumination (mouvement abdominal actif par lequel des aliments partiellement digérés remontent dans la bouche).
Aigu ou chronique
Par définition, les nausées ou vomissements aigus durent au maximum sept jours ; lorsque les symptômes persistent quatre semaines ou plus, on parle d’une affection chronique. La plupart des cas aigus correspondent à une affection médicale de courte durée (par exemple une gastro-entérite virale) et sont spontanément résolutifs. Ils peuvent donc être traités de manière symptomatique sans évaluation plus approfondie. Dans les formes chroniques, il est toutefois utile d'envisager un certain nombre de causes possibles : effets secondaires de médicaments, causes neurologiques, affections gastro-intestinales, affections métaboliques et endocriniennes et troubles psychologiques.
Effets secondaires de médicaments ou de toxines
Divers produits peuvent provoquer des nausées et des vomissements, notamment après le début du traitement ou après une augmentation de la posologie ; cela s’observe notamment avec les AINS, les antiarythmiques, les antibiotiques, les antiépileptiques, les analogues du GLP-1, les opiacés et la lévodopa. L’abus d’alcool et la consommation excessive ou prolongée de cannabis peuvent également provoquer un syndrome d’hyperémèse.
Diagnostic différentiel
Parmi les causes possibles, on trouve toute une série de maladies neurologiques. En principe, toute affection augmentant la pression intracrânienne, telle que des tumeurs, des infections, l'hydrocéphalie ou des hémorragies, peut entraîner des vomissements. Mais la maladie de Ménière, le vertige positionnel paroxystique bénin, la migraine aiguë et l'épilepsie s'accompagnent souvent de nausées, tout comme les douleurs aiguës et chroniques. Des causes gastro-intestinales sont également possibles, notamment la gastro-entérite, la gastroparésie, la pancréatite, la (pseudo)obstruction et la dyspepsie.
De nombreuses maladies métaboliques et endocriniennes peuvent également provoquer des nausées et des vomissements, telles que l'acidocétose diabétique, l'urémie, l'insuffisance surrénale, l'hyperparathyroïdie et les affections thyroïdiennes. La grossesse est la cause endocrinienne la plus fréquente et touche 50 % à 75 % des femmes. Des anomalies électrolytiques, telles que l'hyponatrémie, l'hypokaliémie et l'hypercalcémie, peuvent également s'accompagner de vomissements.
En été: la chaleur
Par temps chaud, l'épuisement dû à la chaleur est une cause importante de nausées et de vomissements, en particulier chez les sportifs ou les personnes travaillant à l'extérieur. Il survient lorsque la température centrale atteint 37 à 40 °C, les patients présentent des symptômes tels que fatigue, vertiges, transpiration abondante, nausées et vomissements, céphalées et faiblesse. Dans les formes plus graves, on observe un œdème de chaleur et des crampes musculaires pouvant aller jusqu'à l'effondrement.
L'épuisement dû à la chaleur se caractérise par une hypoperfusion cardiovasculaire et une température rectale pouvant atteindre 40 °C, sans troubles du système nerveux central. Le coup de chaleur est une urgence médicale où les patients présentent une température rectale centrale de 40,5 °C ou plus, accompagnée de lésions multiviscérales et de troubles du système nerveux central.
Traitement
- Réhydratation : rétablissement de l'équilibre hydro-électrolytique. Cela est presque toujours nécessaire, surtout en cas de vomissements.
- Faire prendre des repas légers et fréquents (dans les cas bénins, sans surchauffe).
- Anti-émétiques (antagonistes de la sérotonine ou de la dopamine) lorsque les symptômes sont importants et/ou que la cause ne peut être corrigée immédiatement.
- Hospitalisation en cas de déshydratation grave, de trouble électrolytique ou de vomissements qui ne peuvent être maîtrisés malgré le traitement.
- Le traitement des formes les plus légères de troubles liés à la chaleur (œdème de chaleur, crampes musculaires liées à l'effort) est essentiellement symptomatique et il y a rarement des séquelles. Un coup de chaleur est une urgence médicale pour laquelle une immersion dans de l'eau froide est recommandée. Ces patients doivent de préférence être hospitalisés, même en cas de refroidissement rapide.
En général, les nausées et les vomissements sont spontanément résolutifs et un traitement symptomatique suffit. Les situations nécessitant un examen plus approfondi et/ou une hospitalisation sont les suivantes : symptômes persistant pendant plusieurs jours, patient ne retenant rien (y compris les liquides) pendant plus de 24 heures, douleurs abdominales intenses ou forte fièvre, signes de déshydratation (oligurie, urines foncées, vertiges) et hématémèse ou présence de méléna.
Références
1. Tome J, et al. A Practical 5-Step Approach to Nausea and Vomiting. Mayo Clin Proc. 2022 Mar;97(3):600-608.
2. Gauer R, Meyers BK. Heat-Related Illnesses. Am Fam Physician. 2019 Apr 15;99(8):482-489.