Pelade sévère : l’upadacitinib efficace en phase 3
La prise en charge de la pelade sévère évolue rapidement avec l’arrivée des inhibiteurs de JAK. Deux essais de phase 3 publiés dans JAMA Dermatology montrent l’efficacité de l’upadacitinib chez l’adulte et l’adolescent, avec une repousse capillaire importante, mais aussi une amélioration des sourcils et des cils.
La pelade (alopecia areata), dont la prévalence mondiale est estimée à 2 %, est une maladie inflammatoire chronique à médiation immunitaire. Trois inhibiteurs de JAK (baricitinib, ritlecitinib et deuruxolitinib) sont actuellement approuvés dans les formes sévères, mais une proportion importante de patients n’obtient pas une repousse satisfaisante. Chez l’adolescent, seul le ritlecitinib est actuellement approuvé.
Les essais de phase 3 UP-AA1 et UP-AA2, randomisés, en double aveugle et contrôlés par placebo, ont évalué pendant 24 semaines l’upadacitinib, inhibiteur préférentiel de JAK1 administré par voie orale une fois par jour. Ils ont inclus 1.399 patients âgés de 12 à 64 ans avec un SALT ≥50, randomisés pour recevoir 15 mg ou 30 mg d’upadacitinib, ou un placebo. Environ la moitié avaient un SALT ≥95.
Une repousse capillaire importante dès 24 semaines
Le critère principal, un SALT ≤20 à 24 semaines, correspondant à une couverture d’au moins 80 % du cuir chevelu, a été atteint par 45,2 % et 44,6 % des patients sous 15 mg dans UP-AA1 et UP-AA2, et 55,0 % et 54,3 % sous 30 mg, contre 1,5 % et 3,4 % sous placebo (p<0,001).
Une différence significative versus placebo était observée dès la huitième semaine. À 24 semaines, une repousse complète (SALT 0) concernait 13,1 à 14,1 % des patients sous 15 mg et 20,3 à 22,5 % sous 30 mg, contre 0 à 0,7 % sous placebo. Les réponses étaient numériquement supérieures avec 30 mg pour la plupart des critères, sans comparaison statistique directe entre les doses. Chez les adolescents, l’effet était également numériquement supérieur à celui observé dans l’ensemble de la population étudiée.
Au-delà du cuir chevelu, un bénéfice clinique global
Dans les deux essais, chez les patients présentant initialement une atteinte significative, l’amélioration des sourcils concernait 41 à 42 % des patients sous 15 mg et 59 à 62 % sous 30 mg ; pour les cils, respectivement 43 à 44 % et 59 à 61 %. Les symptômes et le retentissement de la maladie, notamment émotionnel et fonctionnel, s’amélioraient également significativement par rapport au placebo.
À 24 semaines, aucun nouveau signal de sécurité n’a été identifié. Les événements indésirables les plus fréquents étaient les infections des voies respiratoires supérieures, la rhinopharyngite, l’acné et l’élévation de la créatine kinase (CK). Les événements graves concernaient 1,6 % des patients sous 15 mg et 2,3 % sous 30 mg, contre 0,4 % sous placebo. Des données à plus long terme restent nécessaires pour évaluer la durabilité de la réponse et la tolérance prolongée.
Références
1. Le score SALT (Severity of Alopecia Tool) quantifie la perte de cheveux du cuir chevelu de 0 (aucune perte) à 100 (perte complète). Un SALT ≥50 correspond à une perte d’au moins 50 % des cheveux du cuir chevelu ; un SALT ≥95 définissait ici une atteinte très sévère.
2. Mostaghimi A, Gooderham MJ, Lynde C, et al. Upadacitinib for severe alopecia areata in adults and adolescents: two phase 3 UP-AA randomized clinical trials. JAMA Dermatol. Published online August 12, 2026. doi:10.1001/jamadermatol.2026.2853.